le drame de ma vie

Lui c’est un peu le drame de ma vie. Lui c’est le cousin par alliance que j’ai connu quand j’avais 4 ans, et avec lequel j’ai été élevée. Lui c’est comme le frère que je n’ai pas eu.

Enfant il était un peu fou-fou et faisait rire tout le monde. Ado, il plaisait beaucoup, à toutes mes copines, puis un peu plus tard à certains de mes copains. On en a fait des conneries ensemble, des cours de tennis qu’on séchait pour aller fumer des clopes en douce, des virées à vélo à la campagne pour aller acheter des Pelforth qu’on buvait ensuite dans le grenier de la maison de campagne de mes parents, des vacances à la montagne, à la campagne, sur des iles grecques, des souvenirs avec sa soeur et lui, j’en ai à la pelle.

Vers 30 ans, on a découvert avec stupeur qu’il était malade, atteint de bipolarité, une maladie que je ne connaissais pas. J’ai tout de suite compris en revanche que sa vie, ne serait pas simple.

De « pétages de plombs » en « pétages de plombs », d’hospitalisations en hospitalisations, j’ai appris à vivre avec sa maladie, j’ai essayé de comprendre, pourquoi lui ? pourquoi cet homme qui avait tout pour être brillant, réussir une carrière dans le théâtre ? pourquoi cette injustice de la vie ? J’ai cherché mais je n’ai jamais eu la réponse à ces pourquoi.

J’ai appris à cerner les périodes durant lesquelles il semble vivre normalement, de celles d’euphorie et de bouffées délirantes terribles souvent suivies de phases dépressives. Sa voix au téléphone, suffit bien souvent à me faire comprendre comment il va.

Et pourtant cet été, durant notre semaine de vacances ensemble, aucun signe ne laissait présager qu’il allait de nouveau « déconner » (comme on dit dans ma famille), jusqu’à essayer de mettre fin à ses jours la semaine dernière. Une tentative de suicide, par overdose de médicaments suivie d’un appel téléphonique à sa mère pour ne pas mourir. Un appel au secours plus qu’un vrai souhait d’en finir avec la vie. Lavage d’estomac, et retour dans cette clinique psy, loin de tous, sans contact avec famille et amis, pour essayer de le remettre sur les rails d’une vie normale. Jusqu’à la prochaine fois ?

Depuis, je ne cesse de penser à cette maladie fourbe, qui un jour te fait aller bien et le lendemain tomber en grave dépression jusqu’à en perdre la raison. Le vrai souci c’est l’arrêt du traitement quand il se sent bien, quant il se sent tout puissant, il ne prend plus ses médicaments.

J’essaye de composer avec, de m’y faire mais je n’y ferai jamais. Trop difficile de voir quelqu’un qu’on aime se détruire, de ne pas le voir dans ses périodes forcées d’isolement en clinique psy (même si je comprends la nécessité) et cette culpabilité de ne pas pouvoir l’aider dans ses moments là.

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