passe à la boutique #bbh

Un peu de légèreté c’est le printemps ! Vince c’est d’abord une rencontre sur les réseaux sociaux, j’ai nommé Twitter. Vince est  devenu en quelques mois le roi de la mode responsable sur la place parisienne. Sa boutique bbh, pour bien bien habillés c’est celle d’un dingue de shopping passé de l’autre côté du comptoir. Chez bbh, tu trouveras des pièces originales, françaises ou étrangères que tu ne verras pas sur le dos de tous les hommes. J’ai eu envie d’en savoir un peu plus, mon côté blagueuse mode sans doute, je te laisse (re)découvrir l’animal et son concept 🙂

A part sévir sur les réseaux sociaux Vince qui es-tu ?

 Je ressemble pas mal à ce que je montre en ligne, je pense : un petit nerveux, qui part au quart de tour quand un truc l’énerve / un amoureux de musique qui aime partager ses morceaux préférés / un fils de Corse, profondément attaché à cette origine bien que n’ayant jamais vécu là-bas (mais bon, qui renierait cette origine, hein ?).

bbh c’est ton nouveau projet de vie depuis quelques mois ? Comment est né bbh ? Peux-tu nous en parler ou c’est tabou ?

 Ca n’est certainement pas tabou, ce serait un peu dommage de monter un tel projet et de vouloir le garder confidentiel ! 

bbh est né de la conjonction de plusieurs facteurs. J’avais depuis longtemps l’idée dans un coin de la tête d’ouvrir une boutique, parce qu’en tant que client dingue de shopping, j’éprouvais une certaine frustration quant à l’offre masculine parisienne, très uniforme et stéréotypée, à mon sens. Mais c’était plus un truc en l’air, dit un peu sur le ton de la blague, sans y croire. Ensuite, j’arrivais à l’âge (voire l’avais dépassé, mais chut) où on se dit que si on veut essayer de créer quelque chose, c’est maintenant ou jamais. Et puis est venu un énorme ras-le-bol de ma vie de bureau (15 ans dans la même boîte, sous une pression croissante, sans perspective) confinant au burn out, qui a été l’étincelle. J’ai réussi à partir, avec du temps devant moi pour réfléchir et un peu se sous pour monter quelque chose. L’idée de la boutique s’est vite imposée, et j’ai laissé maturer un an avant de m’y mettre vraiment à fond. Ce qui a notamment permis de faire émerger le concept de mode responsable, que j’ai choisi de placer au cœur du projet.

 Es-tu réellement attaché aux valeurs éco-responsables des vêtements ? Est ce un mode de vie ?

 Un mode de vie, c’est un bien grand mot, je suis loin d’être exemplaire. Mais comme beaucoup d’entre nous (notamment dans les milieux favorisés, ou quoi qu’on en dise et pense, c’est quand même plus facile de vivre bio, compte tenu du coût que ça a aujourd’hui), j’ai pris conscience de l’importance de la question environnementale au fil du temps, et je suis convaincu qu’on a atteint un point critique, où la mobilisation de tous est nécessaire. Donc j’essaie de trier les déchets le mieux possible, de respecter la saisonnalité des produits, d’acheter plus local et plus bio. Il me reste des efforts à faire, notamment sur la viandarditude, que j’ai clairement du mal à réduire… 

Pour ce qui est de l’intégration de cette dimension responsable au concept bbh, c’est à la fois sincère et du marketing : je crois vraiment que c’est nécessaire de mieux produire les vêtements, la mode étant devenue une des pires industries qui soient, et ça intègre beaucoup de facteurs – ma sélection étant souvent un compromis entre eux. Il y a les matières premières : le coton bio, autant que possible certifié GOTS, mais aussi les fibres alternatives beaucoup moins consommatrices d’eau (le chanvre par exemple), les matériaux upcyclés ou recyclés. Il y a les process de production (utiliser moins d’eau, moins de produits chimiques, des teintures naturelles, etc…). Il y a le facteur humain et les standards sociaux. Il y a le maintien de savoir-faire, auquel je suis très attaché et que défendent des marques comme De Bonne Facture (France) ou Jo Gordon (Ecosse), parce que c’est important économiquement et culturellement pour nos vieux pays.

Aujourd’hui, beaucoup de marques qui voudraient produire en France ne parviennent plus à trouver les ressources, tant les usines ont massivement fermé ces dernières années. Il y a le transport – sur lequel je fais plus de concessions, car je souhaite aussi proposer une offre diversifiée, ouverte sur le monde, ce qui implique aussi de faire venir des produits de loin. Etc.

A l’arrivée, je suis content et fier de proposer des marques peu distribuées, garantissant des normes sociales et/ou environnementales, à des prix abordables pour une bonne partie de l’offre (même si je me suis autorisé des petits craquages sur des marques plus chères et loin d’être à la portée de tous, mais pour des raisons objectives incontestables).

 Et donc, c’est aussi du marketing, parce que je suis profondément convaincu que pour avoir une chance de survivre, une boutique indépendante comme la mienne doit absolument avoir un positionnement fort, une promesse claire, un discours marqué et différenciant. Ma promesse, c’est donc de pouvoir être beau et bon à la fois (c’est presque du Brel, t’as vu ?). Et ça marche plutôt, si j’en crois les retours des clients, qui sont très positifs sur le concept.

 C’est quoi ta journée type ? Thé ou café ? Et après ?

Ca commence par un café et une orange pressée, et (honte) du BFMTV en boucle, parce que je suis drogué à ça, j’adore les détester, et je n’ai jamais su écouter la radio ailleurs qu’en voiture.

Un des avantages de ce nouveau métier est qu’il ne met pas trop la pression le matin (ouverture à 11h, ça laisse souvent le temps pour glandouiller gentiment). Je suis généralement à la boutique vers 10h, pour ranger, nettoyer… et souvent ouvrir en avance.

Et puis c’est la grande inconnue : les journées ne sont jamais les mêmes, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Ca peut être le désert complet comme le défilé incessant. Des inconnus, des habitués, des copains. Des livraisons, des colis perdus, des colis retrouvés. Et le plus souvent, au final, ça passe assez vite, il est 20h, je rentre (j’habite tout près, et ça c’est un vrai luxe), je cuisine ou me fais servir selon les soirs. Et le plus souvent, c’est une série et au lit (ma vie d’oiseau de nuit ayant clairement été enterrée depuis que j’ai trouvé l’amour !)

Pense-tu un jour lancer un bbh pour nous les femmes ? Le monde a le droit de savoir …

Vous êtes nombreuses à le réclamer, et ça n’est pas totalement exclu. Mais très honnêtement, je ne me sens pas du tout capable de sélectionner pour les femmes comme je le fais pour les hommes, je pense que ça nécessite un œil totalement différent. Peut-être avoir quelques pièces pour femmes, pendants de celles pour hommes, serait-il une solution ? Mais pour le moment, il faudra vous contenter de porter des pièces de mecs !

 Un mot pour finir. Calvi ne te manque pas trop ?  

 Il y a 2 endroits où j’aime être plus que nulle part ailleurs, et où j’irais beaucoup plus souvent si je pouvais : Calvi et le Japon. Calvi me manque toujours, mais reste accessible – même si en ce moment c’est plus compliqué de quitter Paris, avec un bébé pareil sur les bras ! Et le Japon me manque d’autant plus que je ne sais pas quand je pourrai y retourner !

Je veux aller chez bien bien habillés > 35 rue des Dames – 75017 Paris – 01 40 07 18 68
Et sur le woueb http://www.bienbienhabilles.fr

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