Le dépanneur

Au début le dépanneur je le voyais comme l’homme de ma nouvelle vie post divorced. Je l’ai croisée au hasard d’une conversation professionnelle. On se connaissait depuis huit ans. J’ai posé ici et là un “j’ai pas toute ma tête en ce moment au travail”. Il a fait le reste. De longues conversations sur mon divorce, sa séparation, nos enfants respectifs en garde alternée et une mission professionnelle en commun, des mois à louvoyer, à se faire les yeux doux. J’ai cru au grand amour, je me suis jetée à corps perdus dans cette bouée de sauvetage d’une vie de famille en perdition, d’un couple en train de se séparer, d’un divorce que je pensais et voulais simple.

De nos premiers émois à nos premiers ébats j’ai pensé à tort que je pouvais tout gommer d’un trait. Vingt ans d’une vie de couple, deux enfants en stock une semaine sur deux, tout rayer d’un coup de baguette magique, en le regardant me désirer. J’avais zappé la période de deuil.

La réalité m’a rattrapée au bout de trois mois, c’est là qu’une bonne amie m’a dit « ça sert toujours un dépanneur ».

Mon désir n’a rien à voir avec de l’amour, juste un moment partagé,  une forte complicité, ce besoin humain pour une femme de plus de quarante ans de plaire, de séduire et de se sentir désirable.

J’ai apprécié nos discussions, nos corps à corps mais j’ai vite compris qu’il ne serait qu’un des longs plans cul de ma nouvelle vie. Que je devais l’accepter comme tel ou fuir en courant.

Je suis restée. Il a disparu souvent, j’ai disparu parfois pour aller voir ailleurs ou en même temps si l’herbe y était plus verte, je suis toujours revenue. Et quand je me décidais enfin a tout arrêter c’est lui qui revenait.

Pourquoi je n’ai pas mis fin à cette fausse histoire ? Beaucoup d’amis me l’ont suggérée. Je ne sais pas ce qui m’a retenue aussi longtemps, la peur de la solitude ? l’envie de sexe  ? Le besoin de sexe ? *ca va j’en ai eu d’autres ! Le premier mec du reste de ma nouvelle vie comme ma madeleine de Proust ? Les désirs et plaisirs partagés ? Les ébats torrides ? Les fantasmes assouvis après des années de platitude sexuelle ?

Je n’ai pas la réponse. Ca ne ressemble en rien à de l’amour, ni même de la tendresse, vaguement de l’affection.

Mais 2017 débute sans lui et ce sera ma seule résolution 2017, virer le dépanneur de ma vie. Et que je puisse enfin renaître vers de nouveaux horizons emplis de tendresse, de douceurs, de tendres attentions et même soyons fous d’amour.

Ciao le dépanneur !

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