l’inconnue de midi moins le quart

Je crois que cette femme m’a sauvée et fait prendre conscience de mon mal-être. Je pensais tout gérer telle une warrior, pouvoir faire semblant, désormais je ne me voile plus la face.

Cette femme je l’ai croisée sur le parking du collège de mon fils un mercredi à midi moins le quart, début janvier.

Je ne la connaissais pas. Je viens jamais ou si rarement chercher mes enfants le mercredi.

J’étais là, près de ma voiture, en train de fumer une cigarette. Elle s’est approchée de moi du haut de ses soixante et quelques années, on ne lui donnait plus d’âge. C’est indécent de donner un âge à une femme de toute façon, au delà de quarante ans. Un doux visage, un regard avenant et un « bonjour madame, je ne vous connais pas mais vous savez moi aussi j’ai fumé 10 ans et j’ai arrêté du jour au lendemain j’étais essoufflée … » lancé d’une douce voix.

J’aurais pu la rabrouer, l’envoyer balader, mais je l’ai écoutée me raconter sa vie, ses souffrances. Son arrêt du tabac du jour au lendemain parce qu’elle l’avait décidé.

Et quand j’ai prononcé ses quelques mots « moi j’ai repris il y a quelques années, 4 ans, j’avais arrêté 12 ans et j’ai divorcé j’en ai repris une, puis deux, puis un paquet » les larmes se sont mises à couler sur mes joues.

Au lieu de s’enfuir en courant, ce qu’aurait fait beaucoup de gens, cette femme, cette mamie m’a serrée dans ses bras et m’a dit « pleurez madame, je suis là pour vous réconforter, vous n’avez personne quand ça ne va pas, pleurez encore. La vie est difficile, on traverse des épreuves mais vous êtes une battante, je le vois dans vos yeux. Vous êtes belle et avenante. Pleurez madame, laissez vous aller, je suis là ».

Plus je pleurais, les larmes sortaient toutes seules et ne s’arrêtaient plus, je ne contrôlais plus rien, plus elle me réconfortait, me consolait.

Je pense que ce jour là, j’ai compris que la vie n’était pas et ne serait jamais un long fleuve tranquille. Que je me leurrais dans des convenances, celle de la femme divorcée qui veut tout gérer, assumer mais à qu’il me manque une épaule sur laquelle se poser. Cette solitude me pèse depuis le début de ma nouvelle vie.

Merci à vous, à toi l’inconnue de midi sur le parking. Merci pour ton réconfort, tes gestes simples, tes mots gentils, ce bisou sur le front.

Tu pourrais être ma mère, si loin de moi, peut-être même ma grand-mère, disparue depuis de nombreuses années et qui me manque tellement. Merci pour cette gentillesse inhabituelle, merci tout simplement.

:)

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