16 novembre 2015

 

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Aujourd’hui 3 jours après les attentats du 13 novembre, je suis retournée au bureau. Les drapeaux étaient en berne, l’ambiance était lourde et pesante. Pour une fois on était contents de se retrouver au bureau, mes collègues avaient des cernes, épreuve d’un long week-end. Certains connaissaient des proches, des amis d’amis décédés dans cette nuit sanglante du 13 novembre. Certains habitent le 11ème et avaient en tête ces sirènes de police incessantes dans la nuit de vendredi, d’autres fréquentaient ces lieux de fête du 11ème et du 10ème arrondissements .

La matinée a été pesante, regards croisés, chaleur humaine, étreintes et hugs. Personne n’avait envie de travailler après ce rude week-end éprouvant.

A midi moins le quart, tout le monde ou presque est descendu dans la cour d’honneur. Drapeaux en berne, kakémonos avec notre logo barré d’un trait noir, écran des tv dans le hall annonçant cet hommage aux victimes.

A midi, lors de notre minute de silence, solennelle, comme partout en France, j’ai pensé à mes enfants dans leur école et collège respectifs. Je les ai imaginés devoir se taire pendant une minute, ne pas parler, surtout pour mon Arthur bavard comme une pie, et je me suis demandée ce qui se passait dans leur tête de chérubins de 8 et 11 ans. Je savais que leur père, dès samedi avait expliqué avec ses mots, que des gens étaient morts, que Paris avait été visé, une nouvelle fois après Charlie Hebdo et l’Hyper cacher, je ne savais pas ce que pouvait leur avoir dit leurs « potes » comme ils disent.

Puis nous avons entonné la Marseillaise, ma première Marseillaise, chantée faux – et oui je chante faux – en dehors d’un match de rugby, je me suis surprise à en connaître les paroles par coeur. Normal c’est notre hymne national, tout comme le drapeau bleu, blanc, rouge est celui de mon pays, la France, pas celui du FN.

J’ai déjeuné en tête à tête avec un collègue de longue date, fan des Eagles of death métal, groupe que je ne connaissais pas avant vendredi soir.

A 16h la question ne s’est pas posée, on s’est postés dans notre bureau devant la Chaîne parlementaire pour écouter le discours de François Hollande devant le Congrès réuni à Versailles. Un homme d’Etat en guerre, un discours éloquent, des sénateurs et députés unis, pas de chahut pour une fois, l’heure est grave. Nous sommes en guerre, en guerre contre le fanatisme, en guerre contre Daech, et déterminés à ne pas nous laisser abattre.

Quand sénateurs, députés et notre Président ont entamé la Marseillaise, j’ai versé ma larmichette. C’était beau, émouvant, poignant. Nous sommes la France, ils nous gouvernent et nous doivent la sécurité sur notre territoire. Ah eux de s’en démerder, on doit pouvoir compter sur l’unité nationale, même si certaines voix commencent à diverger, à eux de régler ce conflit dans lequel ils nous ont engagés, à nous de pouvoir continuer à vivre, sortir, reprendre une vie festive, boire et baiser avec qui et comme bon nous semble. On ne nous réduira pas à des gens terrés chez nous par peur d’un ennemi invisible et pourtant partout présent,  qui risque de frapper à n’importe quel moment là où on ne l’attend pas.

Ce soir j’ai appelé mes enfants, chez leur père, avec ce besoin de leur parler, et j’ai hâte de les serrer dans mes bras vendredi soir.

 

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