je rêvais d’un autre monde

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Encore sous le choc de cette nuit d’horreur parisienne, de la vue de ces innocents sortis un vendredi soir dans un quartier populaire de Paris où bars, restaurants et salles de concerts, habituellement des lieux de fêtes sont devenus le temps d’une nuit des lieux de carnage.

Vendredi 13 novembre 2015, en regardant ma série « The Killing » sur Netflix, j’avais un oeil sur mon fil facebook. Vers 22h30 des messages m’ont alarmée, puis la nouvelle est tombée dans le fil de l’Express. Stade de France, j’ai flippé. 80 000 personnes dans un stade que je connais par coeur, le Président évacué, des amis sur place, des kamikazes qui se font exploser pour mourir en martyr.

J’ai continué à lire mon fil Twitter, et appris que ce n’était que le début d’une nuit de folie meurtrière. J’ai allumé la télé avant l’assaut donné au Bataclan, cette salle de concert parisienne, que tout le monde connaît pour y avoir mis au moins une fois les pieds dans sa vie, quand on habite Paris et qu’on aime la musique.

J’ai entendu le premier discours de François Hollande déclarant l’état d’urgence, je ne savais pas précisément en quoi il consiste. En 45 ans de vie en France, c’est mon premier état d’urgence. Legifrance m’a permit de comprendre que nous étions dans un situation très grave, Les journalistes prononçaient tous les mots « nous sommes en état de guerre ». J’avais l’impression d’être encore dans The Killing et qu’Older et Linden allaient enquêter et trouver les coupables. Sauf que j’étais dans la vraie vie, celle de mon pays, la France. Ce pays qui s’est unit en janvier dernier, derrière « je suis Charlie », une nouvelle fois visé par la folie terroriste..

A la différence de janvier, sans minimiser aucunement le drame tragique survenu à Charlie Hebdo et dans l’Hyper cacher de la porte de Vincennes, ce 13 novembre, ce sont des gens comme toi et moi, mes potes, tes potes qui souvent sortent le vendredi qui ont été tués ou gravement blessés. Ce soir là, j’ai assisté impuissante à une vision de guerre à 10 kilomètres de chez moi. Des femmes et des hommes, jeunes pour la plupart, qui se sont fait tirer dessus. Des hommes armés de kalachnikovs, déterminés à faire le plus de morts possible, au hasard, tirant dans le tas, munis de ceintures d’explosifs.

Du Petit Cambodge, à la Belle équipe, au Carillon, à cette salle de spectacle du Bataclan, les rues de Paris sont devenues des scènes sanglantes : blessés de guerre, corps étalés, éparpillés, survivants aux yeux hagards sous des couvertures de survie, J’ai cru un instant que nous étions dans un autre pays.

François Hollande est intervenu, par deux fois cette nuit là. Et j’ai réalisé avec effroi et tristesse, que c’était mon pays qui était visé, nos libertés, nos choix, nos vies festives, nos lieux de sorties entre amis, que ces terroristes avaient voulu anéantir.

Deux jours après cette tragédie, je ne sais pas quoi faire à mon niveau : deuil national, bougie, don du sang, minute de silence demain. Et après ? Que restera t-il de ses innocents morts pour MA France, terre de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans quel monde vivons nous ?

J’avais juste envie de poser ces mots ici, pour qu’on oublie jamais ce 13 novembre 2015. Et vous dire que je vous aime. On ne se le dit pas assez et dans ces heures sombres de notre l’histoire, l’amour, l’amitié et la vie sont mes leitmotivs pour lutter contre ces fanatiques prêts à tout pour détruire nos libertés fondamentales.

Nous retournerons au Bataclan, nous irons au Petit Cambodge, nous sortirons en terrasse, nous boirons des coups entre amis, nous irons de nouveau au Stade de France voir des matches et des concerts. Nous nous vêtirons comme nous voulons, nous ferons l’amour avec qui nous voulons, nous irons danser, dans notre pays, celui de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

J’en appelle à nos hommes politiques, élus pour assurer une sécurité optimale de ses citoyens, à faire en sorte que l’unité nationale, au delà des divergences politiciennes, soient suivis de faits précis, et qu’elle nous sorte de cette guerre que je n’ai pas voulue dans les rues parisiennes ou ailleurs sur le territoire. (A l’heure ou je termine ce billet la France vient de bombarder la ville de Raqqa en Syrie.)

Il y aura un après 13 novembre 2015, mais nous sommes vivants et ne baisseront pas les bras et ne céderont ni à l’amalgame, ni à la terreur.

Mes pensées vont aux victimes, à leurs familles. Egalement aux blessés et à tout ceux qui les ont sauvés ce vendredi 13.

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