à l’ami(e), à la vie

Deux mois que je repousse ce coup de fil. Deux longs mois à me dire il faut que je lui téléphone. Deux mois à me dire que cette amie d’enfance a besoin d’avoir mon soutien, du réconfort et de sentir qu’on ne l’oublie pas. Aujourd’hui j’ai franchi le cap, il y a des priorités dans la vie et mes amis chers en font partie.

J’ai pris mon courage à deux mains et mon smartphone dans l’autre, j’ai appelé celle pour qui j’avais écris un billet à l’occasion de nos retrouvailles, celle avec qui j’ai fait les 400 coups au collège, celle avec qui j’ai passé des vacances inoubliables (on faisait le mur chez ses grand-parents pour sortir), des soirées mémorables en banlieue ouest et à la campagne. Cette amie de 30 ans, longtemps perdue de vue, et que j’ai retrouvée à l’occasion de ses 40 ans dans un bar du 10ème arrondissement parisien. Ce jour là, ce fût comme si l’on ne s’était jamais quitté, la même, à peine changée, drôle d’impression mais j’ai adoré. Depuis un coup de fil de temps en temps, une vie bien remplie, elle dans l’est parisien moi dans l’ouest, un dîner avec nos conjoints respectifs et enfants, des sms de temps en temps. Jusqu’à ce coup de fil en juillet, d’une autre amie commune m’apprenant la triste nouvelle.

Aujourd’hui, je me suis posée une heure, j’ai trouvé les mots justes pour lui parler, les mots qu’elle avait sans doute envie d’entendre, les mots attentionnés dont une jeune femme de 42 ans qui découvre un cancer du sein a besoin j’imagine. J’imagine seulement que dans ces moments difficiles pouvoir compter sur les autres, c’est déjà beaucoup même si ce n’est pas assez, se savoir entourée c’est ce que je pouvais lui offrir. Je l’ai fait sans hésitation.

Je sais trop bien que cette maladie m’a pris des proches, des amis et que la lutte pour la personne malade doit être permanente, la récidive toujours possible et vivre avec ce couperet au dessus de la tête doit être un cauchemar perpétuel. J’imagine seulement bien sûr.

La vie est une pute, je suis tombée par hasard sur le jour de sa deuxième chimio mais je suis contente de la savoir péchue et comme toujours battante dans ce combat contre la maladie et surtout de la voir prochainement avant la troisième séance de chimio.

On a parlé perte de cheveux, protocole, de sa mère qui somatise et la prend en photo non stop comme si elle devait mourir demain, de son père ex-coiffeur de stars qui est son meilleur coach capillaire et on a aussi parlé de nos nains, de sa fille, de sa réaction face à la maladie. Parfois je me dis le pire c’est pour les enfants, même si le cauchemar des traitements de cette putain de maladie c’est le patient qui se le coltine bien sûr c’est lui qui souffre le plus.

La vie continue avec son cortège de joies et de peines et je veux que mes amis chers sachent qu’ils/elles peuvent toujours compter sur moi. Je suis comme ça, je suis entière, je suis sélective en amitié, mais quand je donne c’est toujours sans compter. Non je ne suis pas un bisounours, l’amitié c’est ce qu’il y a de plus beau et être là quand tout va bien c’est très facile, quand tout va mal, tu peux compter tes amis sur les doigts de ta main et je suis heureuse de faire partie de ces gens qu’elle comptera désormais sur ses 10 doigts. Take care et ❤ sur toi l'amie !

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10 réflexions sur “à l’ami(e), à la vie

  1. MotherGa dit :

    Un bien joli billet, ton amie sait sûrement qu’elle peut compter sur toi! Elle va avoir besoin de courage et ta présence pourra l’aider à traverser cette épreuve

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  2. Fuckmycancer dit :

    La vie, la vraie . Qu’elle garde la pêche, fais la rire , fais la boire un coup quand elle peut, c’est toi la reine du bouare , qu’elle râle, qu’elle peste, qu’elle leur dise ce qui va et ce qui va pas. Des bises pour elle et pour toi

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    • missblogdel dit :

      Merci, je l’ai vu elle a bu un vrai MOJITO avec moi et des virgin mojito. Je lui ai parlé de ton blog aussi elle va le lire. ET SURTOUT JE LA REVOIS DANS 15 JOURS POUR SA CREMAILLERE PUIS UN WEEK END CAMPAGNE; j’aime ses projets et je la suis.

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  3. rosearguin dit :

    J’ai soutenu également un ami face à cette maladie qui a duré 3 ans, moi je lui écrivais, des petits mots de tout de rien, presque toutes les semaines…des morceaux de vie gaies, futiles, parfois tristes, mais qui le sortait de sa routine entre chimio et rayons. Son épouse quand il est parti m’a dit qu’il était toujours en joie de recevoir un souffle d’air frais, c’était ses mots…alors même si cela ne nous semble pas grand chose, c’est un grand soutien qui fait du bien…Plein de courage à ton amie, il faut garder le moral et se battre avec elle ! Vous embrasse à toutes les 2 !

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