non rien de rien, non je ne regrette rien

20140427-140219.jpg

Je nous voyais vieillir ensemble, je nous imaginais amoureux pour la vie. Nous avions une devise « des preuves d’amour tous les jours », nous avions une chanson d’amour « on va s’aimer sur une étoile ou sur un oreiller », nous avions la vie devant nous, nous étions jeunes et beaux. Nous nous sommes croisés en vacances, à Pau pour la première fois. Il m’a détestée d’entrée de jeu, nous avons passé quinze jours ensemble avec des amis en vacances, de St Jean de Luz aux Pyrénées en nous regardant en chien de faïence.

Trois mois plus tard, nous devenions inséparables. Une soirée beaujolais arrosée m’a noyée dans ses yeux bleus à jamais. J’ai d’abord cru à un amoureux de passage, je vivais des histoires sentimentales bancales après une rupture difficile à 18 ans. J’en avais 23 quand je l’ai rencontré et quand un an plus tard il m’a demandée de vivre avec lui, je n’ai pas hésité une seconde. Je n’ai pas réfléchi c’était comme une évidence, je l’avais pris dans mes filets et lui dans les siens. Je l’aimais, il m’aimait … nous étions fait pour nous rencontrer, nous aimer.

Nous avons vécu d’amour et d’eau fraîche, enfin surtout d’amour et de bières/gin tonic/vodka orange et de citrate de bétaine, moi étudiante pendant des années, lui travaillant. Nous ne nous sommes jamais quittés plus de 48 heures, nous avons écumé les soirées arrosées, les week-end festifs avec nos amis à la campagne, en Ardèche, à la montagne, les vacances estivales en Grèce, les mois de mai dans le Var chez ma grand-mère avec une tripotée de copains. Des souvenirs joyeux j’en ai plein la tête, il s’endormait comme une souche la tête sur une baffle en soirée, nous faisions l’amour comme des dieux n’importe où, nous étions heureux et insouciants, nous avions la vie devant nous pour nous aimer.

Quand il a voulu me passer la corde au cou, j’ai immédiatement pensé à mes parents, divorcés quatre années après ma naissance. J’ai eu peur. Des années de psychanalyse m’ont aidée à lui dire OUI un soir de décembre, chez des amis, quand il a  annoncé qu’il voulait m’épouser, j’avais trente ans et nous essayions d’avoir un bébé depuis deux ans.

6 mois de préparatifs périlleux, un mariage réussi, sous le soleil sarthois, nos amis et nos familles réunis pour notre plus grand bonheur. De cette journée fabuleuse, je garde le souvenir de ma grand-mère radieuse, de mon père m’emmenant à l’église, de ma robe blanche de princesse, du photographe qui courait à mes trousses, de ma best friend toute jolie et émue, de l’ouverture de la soirée dans ses bras, de notre nuit de noces épique dans la chambre nuptiale d’un hôtel de province où nous nous avions festoyé jusqu’à 7 heures du matin.

De nos difficultés à avoir Oscar, je ne garde qu’un souvenir, son soutien permanent, lors des échecs des traitements que j’ai suivis pendant 5 ans. Et puis il y a eu deux FIV à la Muette, et la joie de la naissance de NOTRE bébé tant désiré, fruit de notre amour, conçu dans une éprouvette, le meilleur de nous deux. Puis sont venus les nuits blanches, l’inquiétude d’un bébé souvent malade, souvent hospitalisé et toujours cet homme à mes côtés pour le meilleur et pour le pire, il savait me rassurer, connaissait par coeur mes angoisses et mes faiblesses et ne vacillait jamais.

15 mois plus tard, double effet kiss-cool, de nouveau enceinte mais naturellement cette fois-ci, notre bonheur fût immense. Deux bébés coup sur coup alors qu’on nous en avait prédit aucun, que nous avions tout tenté, de l’insémination, à la FIV en passant par l’agrément pour l’adoption pour le premier, le deuxième est arrivé sans prévenir, lors d’un petit week-end prolongé en amoureux à Cancale.

Ce deuxième bébé nous a comblés de joies et de bonheur. Nous avions enfin une vie de famille, deux beaux garçons que nous aimions malgré les nuits blanches, les biberons et les couches. Ce fût aussi le début de la fin, nous avons vécu pour eux, par eux et nous nous sommes oubliés en chemin, puis tout doucement éloignés, physiquement, intellectuellement.

De cette vie en apparence heureuse aux yeux de nos familles, nos amis, nous sommes rentrés dans une routine, fatale, qui nous a amenée au constat d’échec de notre vie de couple. Quand il a prononcé le mot divorce alors que j’évoquais nos problèmes de couple, j’ai pleuré mais je ne suis pas tombée de haut. Nous avions fait ce même constat, nous avions bien réussi notre vie de famille, mais pas notre vie de couple. La séparation décidée, nous avons continué à vivre sous le même toit, le temps de régler la vente de la maison, le temps de finir l’année scolaire ici pour nos enfants, avant de nous trouver chacun un appartement pas loin pour gérer une garde alternée à partir de fin juin. De longs mois de cohabitation, sans trop de prises de tête, mais de longs mois quand même à discuter de l’après, de la garde, des enfants, du meilleur pour eux et pour nous également en passant par le partage du mobilier, de l’argent de la maison aux dettes communes.

Hier en paraphant et signant la requête de divorce par consentement mutuel auprès de notre avocate commune, j’ai repensé à ces beaux souvenirs que nous avions vécus ensemble, à cet homme qui a toujours été à mes côtés depuis 20 ans et qui m’a aidée à grandir, à devenir adulte, mère de famille et à m’épanouir dans mon travail et dans ma vie de tous les jours. J’ai eu ce sentiment amer d’échec, j’ai pleuré avant et après, même si le divorce était inéluctable, la meilleure décision que nous puissions prendre ensemble pour notre bien-être à tous les deux, pour nos enfants (ils s’en remettront je le sais, mieux vaut voir ses parents épanouis séparés que malheureux ensemble), je n’ai pas réussi à retenir mes larmes dans la voiture, seule au volant en repartant.

Aujourd’hui la vie reprend son cours, nous vivons comme des amis et fin juin nous vivrons chacun chez nous, avec nos enfants en alternance. Je sais que cette vie sera meilleure, même si les épreuves pour y arriver sont encore longues, je sais que je vais y arriver car j’ai mûri. Cette séparation me fait vivre à cent à l’heure depuis décembre, entre boulot, démarches administratives et soirées avec des amis et m’oblige à gérer ma vie seule cette fois avec mes deux trésors à mes côtés pour la vie et également à ne plus me reposer sur son épaule pour mieux me reconstruire.

 

http://www.youtube.com/watch?v=fpHAsb2XQOY

Publicités

5 réflexions sur “non rien de rien, non je ne regrette rien

  1. enna dit :

    Tu as raison de ne rien regretter, toutes les expériences sont bonnes, surtout quand elles ont aussi été sources de bons souvenirs. My motto : « Every cloud has a silver lining »… Attends que les nuages passent, le soleil rebrillera bientôt 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s