en haut de l’affiche

J’avais vingt et un ans, j’étais en licence d’histoire quand je l’ai croisé pour la première fois. J’ai immédiatement aimé son regard, son rire communicatif, sa façon d’être et son comportement complètement différent de ceux des garçons de son âge. Mathieu était non seulement très cultivé mais également drôle et sensible. Il jouait la comédie comme personne et faisait rire son auditoire. Il possédait déjà un talent énorme et beaucoup de charisme. J’ai d’emblée aimé cet homme.

En fin d’année scolaire, nous devions rendre un mémoire à deux. Je me suis retrouvée à travailler avec lui, certainement pas le hasard, peut-être le destin. Nous avons passé des heures et des heures ensemble, à la bibliothèque de Beaubourg et de la Sorbonne, partagé entre la nécessité de travailler notre sujet sur le canal de Panama et la furieuse envie de sécher pour aller au cinéma dans le quartier latin ou se promener dans les jardins du Luxembourg. Pendant trois mois, nous avons vécu ensemble quasiment non stop et fait les deux. A l’ouverture de la bibliothèque pour avancer sur notre mémoire et en profiter pour se faire une ou deux toiles en fin de journée . Pas un jour sans se voir ou s’appeler ou sans un signe de lui. Nous étions devenus inséparables.

Et puis un jour, pas comme un autre, en sortant d’un cinéma sur les Champs-Elysées, il m’a murmuré à l’oreille « j’ai envie de t’embrasser », nous nous sommes arrêtés et nous nous sommes embrassés comme dans un film au milieu des passants. Un baiser langoureux, un baiser retenu depuis des mois, un baiser désiré, un baiser tant attendu … un baiser magnifique, j’m’en souviens comme si c’était hier. Plus rien ne comptait, la terre aurait pu s’arrêter de tourner, j’étais la plus heureuse des femmes sur la plus belle avenue du monde.

Nous avons vécu neuf mois fantastiques entre études, salles obscures, ses répétitions de théâtre au Cours Florent et son appart parisien. Et puis il m’a quittée, de façon aussi brutale qu’il était entré dans ma vie il en est sorti « je te quitte, je ne t’aime plus ».

Je suis partie l’âme en peine et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans le taxi qui me ramenait chez mes parents. J’avais impression qu’on me poignardait, que je ne m’en remettrais jamais, que je n’allais pas survivre. Doucement, la vie a repris son cours, j’ai rencontré d’autres hommes et je me suis mariée.

Et puis un jour au détour d’une affiche de cinéma, j’ai vu son nom et son prénom dessus écrit en petit. Il s’agissait d’une grosse production avec des acteurs connus. Pendant des années, je l’ai vu partout … pub télévisée, pub radio avec cette voix reconnaissable parmi des milliers, téléfilms, pièces de théâtre, radio, émissions de télé et même de grosses productions cinématographiques avec son nom en gros au générique. Bien sûr j’ai vu presque tout ses films. Il y  a quelques années, j’ai découvert qu’il produisait son propre spectacle dans un théâtre de l’ouest parisien. J’ai décidé d’aller le voir avec une amie de l’époque. Une soirée très étrange, voir ce comédien que j’avais connu sans la gloire, sur les planches et adulé par son public, c’était pas banal. Presque vingt années s’étaient écoulées et je l’ai retrouvé comme je l’avais laissé. Inchangé. J’étais encore sous le charme.

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