confessions d’une femme meetic

Parce que j’ai suivi avec beaucoup d’attention les aventures de mon pote Desfraises et de la tendresse sur Grindr, celles de Poupimali sur adopte un mec, quand une twamie m’a demandée d’héberger son récit d’une rencontre un peu particulière post-Meetic j’ai dit banco. Attention n’y vois aucune mauvaise attention de ma part, j’ai dans mes amis très proches, deux couples qui se sont rencontrés via Meetic, coulent des jours heureux avec de beaux enfants depuis plusieurs années.

Le récit c’est par là :

« Cela faisait une dizaine de jours que nous échangions des mails drôles et poétiques, et de billets doux en mots tendres, nous nous sommes rapprochés tout doucement. Lui l’homme des bois, expert dans l’art de dénicher des bigorneaux dans la rocaille maritime et les embruns et moi la Parisienne, dont l’un des principaux savoir-faire consiste à se frayer un chemin dans ma jungle urbaine en pleines heures de pointe, nous étions faits l’un pour l’autre. C’était une certitude. Mon flair était infaillible en la matière. Sur quelques échanges téléphoniques et un coup de tête (j’aurai mieux fait de rester estourbie), je décidai de sauter dans le train et de le rejoindre sur l’Ile d’Oléron. Moi qui déteste les huitres, je sentais que j’allais vraiment me plaire dans cet endroit merveilleux, au climat prometteur. Je vous l’ai dit mon flair est infaillible en la matière.


J’arrivai en gare de la Rochelle, bien décidée à enfin trouver l’amour quand un SMS vient me prévenir que mon chevalier servant était bien arrivé sur son fidèle destrier : « Tu me retrouveras sans problème sur le parking de la gare. Je suis le seul à avoir un fourgon. » C’était bien la première fois que l’on venait me cueillir au saut du train en camionnette et effectivement je le retrouvais fièrement planté devant son camion dominant de toute sa superbe l’embouteillage qui s’était formé autour des arrivées à la gare. Il m’annonça fièrement que pour le soir même il m’avait concocté une pièce de boeuf de 1 kilo pour me remettre de mon voyage. Quelque peu interloquée par l’envergure du repas, je lui pardonnais sur le champ en me disant qu’après tout, il devait avoir un sacré bon coup de fourchette, mon nouveau Prince Charmant.


Ma vision idyllique de notre nouvelle relation prit un sérieux coup dans l’aile quand il voulut me faire écouter ses MP3. J’ai dû ainsi subir stoïquement les assauts répétés et tenaces d’un Christophe Maé au bord de l’apoplexie vocale jusqu’à 3 heures du matin. Fort désappointée par ce prélude musical qui m’a collé un sérieux mal de crâne, j’eus le bonheur ineffable d’être réveillée dès 8 heures du matin par mon joyeux bûcheron qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de me lever dès potron minet en plein week-end de quatre jours. Aussi zen que Jack Nicholson dans Shining, je décidai de ne pas attenter tout de suite à ses jours et d’aller petit déjeuner, l’oeil aussi guilleret qu’un poisson mort ayant sauté de son bocal depuis 3 jours.

C’est maintenant avec beaucoup de pudeur que j’évoquerai mon cadeau de bienvenue. J’eus effectivement le bonheur intense de découvrir au creux de ma main un caillou en forme de coeur délicatement transpercé par une chaîne d’évier qu’il a tenu à m’offrir. Il m’a fallu porté mon caillou comme d’autres leur croix durant tout mon séjour pour ne pas lui faire de la peine. Il m’a expliqué fièrement qu’il l’avait fait spécialement transpercer pour moi chez Monsieur Bricolage, expert joaillier mondialement reconnu s’il en est. Je songeais vaguement à regarder les heures de retour le jour même pour fuir ce week-end cauchemardesque. Après avoir repoussé 48 fois ses avances, sous le prétexte fallacieux que je n’étais toujours pas remise de ma dernière rupture, je réussis à lui faire faire une ballade sous la pluie pour doucher ses envies libidineuses du moment.

L’après midi pendant sa sieste, je lançai un appel à l’aide sur Twitter pour glaner quelques oreilles attentives à mes mésaventures. ORTF_2_0 me proposa ainsi gentiment de m’en remettre à ma « fée Marennes ». Après m’être faite sévèrement chambrée par la moitié de la Twittosphere, je décidai de prendre sur moi et de passer tout de même un agréable week-end. Ce fut peine perdue, vu que mon fan de Christophe Maé se mit en tête de me faire découvrir le soir même l’émission « The Voice », en mettant ses enceintes à fond pour que mes écoutilles en prennent plein les mirettes. Cette émission de haute volée avec un jury composé de Jenifer, Garou, Florent Pagny et Bertignac qui m’apparut aussi incongru dans le programme que Carla Bruni en première dame de France, ne fit que faire repartir de plus belle ma migraine de la veille. Le lendemain jour des élections, je l’écoutai me raconter avec un air médusé pourquoi il avait voté Marine Le Pen au premier tour après avoir longuement hésité avec Philippe Poutou. Devant ses choix électoraux d’une rare pertinence, je réussis par miracle à le convaincre de voter pour Hollande, en lui assurant que cela ne pouvait pas être pire que 5 ans de Sarkozysme. Et puis je l’écoutais toute la journée me raconter par le menu ses multiples râteaux sur Meetic (de quoi ouvrir un Jardiland) entre de nombreuses salves amoureuses pour attenter une fois de plus à mon intégrité physique. Après l’avoir consolé de ses déboires, sans lui avouer qu’il faisait désormais partie des miens, je passais à ses côtés une agréable soirée électorale, en regrettant toutefois de ne pas être à Bastille pour célébrer la victoire historique de la Gauche.

Le lendemain, je passai toute la matinée à écrire ce billet pendant que mon Homme-Bûcheron débitait à la tronçonneuse du bois mort ramassé chez la voisine. Les tympans en feu et le crâne en compote, je me faisais l’impression d’être la compagne d’un Charles Ingalls rescapé de Wallnut Grove. En se baladant sur la plage de Boyardville, mon homme de la pampa se mit en tête de me faire une blague qui me fila immédiatement les choquottes de ma vie en me demandant où se trouvait mon point G. Pendant que je cherchais un moyen de fuir à la nage, il me répondit entre deux éclats de rire, qu’il se situait à la fin du mot shopping. J’en fis immédiatement profiter la Twittosphère et Duanyer, qui a dû faire conseiller en agence matrimoniale dans une vie antérieure, me conseilla toute en douceur de lui mettre un bon coup dans les parties pour le calmer. Le lendemain, mon rat des champs préféra passer sa journée au lit, devant constater avec lassitude que sa tendre ferveur du moment n’avait aucune prise sur ma vertu. Je me consolais donc en finissant ce billet et en me disant que malgré cette rencontre du 3e type, je lui souhaitais le meilleur à mon homme d’Oléron, car un type qui se décarcasse à faire forer pour vous un caillou chez Monsieur Bricolage ne peut pas être foncièrement mauvais. »

Publicités

12 réflexions sur “confessions d’une femme meetic

  1. Clément dit :

    Quel art pour raconter une si belle rencontre. Tu arrivés toujours à mettre la dose d’humour nécessaire et renversante pour ton lecteur!
    Bon par contre je fais ce soir le tour de tous les blogs pour voir si quelqu’un n’a pas été poster sur le blog d’un(e) ami(e) quelqu’un narrant une rencontre avec moi!!!
    Mais je doute qu’elle sera si bien écrite dans tous les cas!

    J'aime

  2. cemorac mickael dit :

    Je ne vois pas en quoi le fait d’etre potentiellement un electeur de MLP faisait de lui un mauvais homme.. j’ai le coté moralisateur des gens de gauche, toujours sur de leurs bons et de leurs vérités.. pour le reste du récit, je le pense maladroit, et peu sur de lui. Ce n’etait pas le prince charmant, c’etait un homme tout simplement, car vous n’etes pas non plus nécéssairement la femme idéale..
    bien le bonsoir

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s