la haine

Enfouir ses images. Ne plus y penser. Les oublier à tout jamais. Et revivre l’horreur.

Voir ses reportages au JT sur les émeutes à Londres ont ravivé des souvenirs que je pensais avoir jetés dans un coin de mon cerveau.

Lors des dernières émeutes urbaines en France, les locaux de mon entreprise ont été la cible de casseurs pendant cinq jours.

Cinq longues journées durant lesquels il a fallu se terrer dans nos bureaux, arriver tôt le matin dans la rue pour éviter les casseurs et le couvre-feu matinal et tenter de bosser la peur au ventre sans penser que dehors c’était ambiance fin du monde.

Je n’avais jamais vu en vrai un tel déferlement de haine. Des images violentes, la télévision en livre son lot quotidien, c’est presque devenu banales. Mais là j’étais en direct live devant ce que BFM TV diffusait en boucle, nuit et jour, sous le jingle « émeutes urbaines ».

J’avoue que je vis un peu dans un monde de bisounours, que je ne côtoie pas vraiment la grande misère et les jeunes désoeuvrés de banlieue sans emploi.

Je ne suis pas ici pour les juger, je pense même comprendre les préoccupations des damnés de notre société de consommation. Pourquoi n’auraient-ils pas droit au dernier iPhone, au nouvel iPad ou à un Porsche Cayenne après tout …

Des voitures brulées, aux camionnettes et bus incendiés, en passant par les caillassages de vitres de mon entreprise, l’évacuation hâtive et les cordons de CRS chargeant des jeunes cagoulés de moins 15 ans, j’ai conservé au fond de moi des images de guérilla urbaine d’une extrême dureté. Je n’ose imaginer les visions de guerre et le choc qu’elles peuvent produire sur un individu.

J’ai passé bien des nuits blanches à ressasser, pour ensuite évacuer ce choc des images IRL, ce déferlement de haine et de rage.

Pour enfin arriver à me dire que ce n’était qu’un cauchemar … et revoir les mêmes scènes dans un autre pays européen.

La vie est une jungle.

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4 réflexions sur “la haine

  1. Moi, mon nombril dit :

    Ce que j’ai vu de Londres m’a rendue triste. C’est encore plus con (si tant est que ce genre de choses puisse se mesurer) de s’en prendre à un quartier populaire. J’ai vu un reportage dans lequel un jeune couple d’immigrés turcs qui avaient réussi à se construire une vie à Londres, ont tout perdu. Plus encore que le « matériel » la jeune femme disait que même si on les relogeait, on ne lui redonnerait jamais les photos de leurs enfants bébés, ni celles qu’ils avaient emportés de Turquie. Moi, je n’arrive pas à comprendre.

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    • missblogdel dit :

      @MMN : je n’ai vu que très peu d’images de Londres je suis en vacances. Ça m’a juste rappelée ces scènes de violences urbaines vécues. Quand je dis comprendre qu’un jour ça pète, je ne cautionne pas pour autant !

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